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Rétro : Le Mondial 1986
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2010-07-03T14:15:02.000Z, mis à jour 2010-07-03T14:15:02.000Z

L'Allemagne et l'Argentine se sont déjà affrontées cinq fois en Coupe du monde. Mais ce sont surtout deux finales, en 1986 et 1990, remportées respectivement par deux légendes : Maradona puis Beckenbauer, sélectionneur. A 16h00, ce sera en quart de finale, comme en 2006.

1986 – FINALE


ARGENTINE – RFA : 3-2


Buts: Brown (23e), Valdano (55e), Burruchaga (85e) pour l'Argentine et Rummennige (73e), Voller (82e) pour l'Allemagne


ARGENTINE : Pumpido - Cucciofo, Ruggeri, Brown, Olarticoechea - Giusti, Batista, Burruchaga (puis Trobbiani), Enrique - Maradona - Valdano Entraineur: Bilardo


RFA: Schumacher - Briegel, Forster, Jokobs, Brehme - Eder, Matthaus, Berthold, Magath - Allofs (puis Voller), Rummennigge - Entraineur: Beckenbauer


Deuxième sacre en huit ans pour l'Argentine, qui a maîtrisé son sujet tout au long de la compétition. Dirigé par un des sélectionneurs les plus critiqués de l'histoire de l'Albiceleste, Carlos Bilardo, cette équipe est avant tout celle de Diego Maradona, le génial petit lutin napolitain. Jorge Valdano, le redoutable buteur du Real Madrid, le libero Oscar Ruggieri et le poumon du milieu de terrain nantais Jorge Burruchaga sont les autres éléments clés des champions du monde. "Pelé avait une immense équipe autour de lui. Maradona agit seul", résume Cubillas, la légende péruvienne.


Ce sera vrai tout au long de la compétition sauf, paradoxalement, en finale, contre l'Allemagne de l'Ouest. Dieguito, qui venait de marquer les quatre derniers buts argentins, ne dispose d'aucune liberté. Il se meut alors en équipier de luxe, laissant à ses partenaires le soin de briller. En face, pour le plus grand malheur de la RFA, Harald Schumacher passe complètement au travers de son match. Coupable sur le premier but argentin (tête de Jose Luis Brown) om il a mal apprécié la trajectoire du ballon, il tarde ensuite à sortir dans les pieds de Valdano. Peu avant l'heure de jeu, l'Argentine mène donc 2-0 et file vers un sacre tranquille. Mais avec les Allemands, personne n'est jamais tranquille.


En deux corners rageurs, la bande à Franz Beckenbauer revient à hauteur de son adversaire grâce à Karl-Heinz Rummenigge et Rudi Voller. Incroyable Allemagne. On croit alors les Argentins au bord de la rupture. Mais Maradona a vu Burruchaga filer en profondeur. Le lieutenant préféré de Diego crucifie une dernière fois Schumacher, à cinq minutes d'une prolongation que l'on pensait devenue inévitable. Cette fois, la RFA ne se relèvera pas. L'accouchement fut pénible, mais le sacre des Gauchos apparaît logique. Cette finale, l'une des plus prolifiques de l'ère moderne, aura été également une des plus heurtées, avec sept cartons jaunes.


1990 – FINALE


RFA – ARGENTINE : 1-0


But : Brehme (85e s.p.)


RFA : Illgner - Brehme, Augenthaler, Kohler, Berthold (Reuter, 75e) - Buchwald, Hässler, Matthäus (Cap.), Littbarski - Völler, Klinsmann. (Entraîneur : Franz Beckenbauer)


ARGENTINE : Goycochea - Simon, Serrizuela, Ruggeri, Sensini (Monzon, 46e) (expulsé, 65e), Lorenzo - Basualdo, Burruchaga (Calderon, 54e), Troglio, Maradona (Cap.) - Dezotti (expulsé, 87e). (Entraîneur : Carlos Bilardo)


Quatre ans après, la République Fédérale d'Allemagne et l'Argentine se retrouvent pour un remake de la finale de Mexico. Mais cette fois, le rapport de forces a changé. Les hommes de Beckenbauer arrivent à Rome en grands favoris alors que les coéquipiers de Diego Maradona, eux, ressemblent plus à des miraculés qu'à autre chose. Un premier tour laborieux, marqué par une défaite lors du match d'ouverture face au Cameroun (0-1), des qualifications sur le fil, grâce au flair de Sergio Goycoechea, gardien remplaçant au début du tournoi et héros des séances de tirs au but face à la Yougoslavie et l'Italie, l'Albiceleste n'est pas favorite face à cette RFA qui, de très loin, est la meilleure équipe d'une morne Coupe du monde.


Portée par toute l'Italie qui ne pardonne pas aux Argentins d'avoir sorti la Squadra Azzurra en demie, l'Allemagne bientôt réunifiée aura le dernier mot au terme de l'une des pires finales de l'histoire. Les hommes de Carlos Bilardo vont résister près de 85 minutes avant de céder sur un penalty plutôt discutable, obtenu par Rudi Völler et transformé par Andreas Brehme. Cerise sur le gâteau, l'Albiceleste terminera même à neuf après les expulsions de Monzon et Dezotti. A quelques mètres d'un Lothar Matthaus radieux, sacré champion du monde pour la première fois de sa carrière, Diego Maradona, conspué, s'effondrera, pleurant comme un gamin.




2006 – QUART DE FINALE


ALLEMAGNE – ARGENTINE : 1-1, 4-2 tab


Buts : Klose (80e) pour l'Allemagne et Ayala (49e) pour l'Argentine


ALLEMAGNE : Lehman – Friedrich, Mertesacker, Metzelder, Lahm – Schneider (Odonkor, 62e), Frings, Ballack, Schweinsteiger (Borowski, 74e) – Klose (O. Neville, 86e), Podolski


ARGENTINE : Abbondanzieri (Franco, 71e) – Coloccini, Ayala, Heinze, Sorin – Mascherano, Rodriguez, Gonzalez, Riquelme (Cambiasso, 72e) – Crespo (Cruz, 79e), Tevez


Il y a quatre ans, l'Allemagne et l'Argentine s'affrontaient déjà en quart de finale. Le 30 juin 2006, à l'Olympiastadion de Berlin, les deux équipes disputent 120 minutes de lutte intense. L'Albiceleste prend finalement l'avantage grâce à une tête de Roberto Ayala sur un centre de Riquelme (49e, 0-1). Mais la Mannschaft ne veut pas quitter aussi rapidement "son" Mondial et Miroslav Klose arrache l'égalisation dans les dernières minutes du temps réglementaire (80e, 1-1). Aucun but n'est inscrit en prolongation. Place aux tirs au but, la spécialité allemande. Lehmann devient alors le héros de tout un peuple en arrêtant les tirs d'Ayala et Cambiasso. L'image est restée célèbre: avant chaque tir argentin, Lehmann consulte un petit bout de papier avec des indications sur chaque tireur griffonnées par son encadrement.


L'autre image que l'on retiendra, c'est celle de cette altercation à la fin de la rencontre. A l'origine, la bonne idée de Per Mertesacker de venir chambrer le banc argentin. La réponse n'a pas tardé. Leandro Cufre lui assène alors un violent coup de pied et l'affrontement tourne à la bagarre générale. Gabriel Heinze, Torsten Frings et Oliver Bierhoff, le manager général allemand, s'en donnent à coeur joie. Mais ce triste épisode ne sera pas sans conséquence pour la suite du parcours allemand. La FIFA suspendra en effet Frings, pièce maîtresse de la , pour la demi-finale perdue quelques jours plus tard face à l'Italie (0-2 a.p.).