Un triplé et des doutes

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Un triplé et des doutes
Par Glenn CEILLIER|Ecrit pour TF1|2010-05-24T07:20:07.000Z, mis à jour 2010-05-24T07:20:07.000Z

L'Inter Milan a signé un formidable triplé cette saison en décrochant la Ligue des Champions contre le Bayern après ses succès en Serie A et en Coupe d'Italie. Le début d’une domination européenne ? Peut-être pas. Le club risque de traverser une période de turbulence avec le départ de José Mourinho.

Quarante-cinq ans de disette effacés. Et un triplé championnat-Coupe d'Italie-Ligue des Champions pour conclure un exercice 2009-2010 historique. Depuis samedi soir et la victoire contre le Bayern Munich à Madrid (2-0), les supporters de l'Inter Milan sont sur un petit nuage. Ils pourraient en redescendre plus vite que prévu car les incertitudes planent quant au futur du club lombard. C'est un vrai paradoxe. Après une telle saison, l'avenir devrait s'annoncer radieux pour l'Inter Milan. Et pourtant, le doute s'est immiscé dans l'esprit des Nerazzurri. La principale raison ? Le départ plus que probable de José Mourinho mais ce n'est pas la seule.


Un triplé et des doutes

A la sortie de la pelouse de Santiago-Bernabeu, le technicien portugais a jeté un froid sur un club en fusion. "Je veux devenir le seul entraîneur à avoir remporté la Ligue des champions dans trois clubs différents. Il est plus probable que je parte plutôt que je reste", a-t-il déclaré. Selon la presse italienne mais aussi espagnole, il devrait rejoindre le Real Madrid dans les jours à venir. Samedi soir, "Mou" est d'ailleurs resté dans la capitale espagnole alors que toute l'équipe fêtait son sacre européen avec ses supporters à San Siro. Beaucoup y voient le signe d’une signature prochaine avec les Merengue. Et c'est tout l'Inter Milan qui tremble. Avec son aura, sa science tactique et ses succès, Mourinho est l’une des pierres angulaires du club italien. Comme un symbole, toute la presse retient autant le sacre continental des Interistes que le départ annoncé du Special One, dimanche de l'autre côté des Alpes. "Il y a trois hommes cette saison au club : Moratti, Milito et le Portugais, qui va être dur à remplacer", lance ainsi La Repubblica. "Milito détruit le Bayern. Mou, larmes et adieu", titre de son côté La Gazzetta.


"C'est compliqué"


Au sein du club, personne ne cache son désarroi. Luis Figo, actuellement ambassadeur de l'Inter Milan, résume la pensée générale : "C'est compliqué de remplacer l'un des meilleurs tacticiens du monde et surtout une personne qui est aussi appréciée par les supporters. Mais la vie doit continuer. Et si vous perdez le meilleur, vous devez trouvez une alternative". Ça s'annonce tendu. En deux saisons sur le banc interiste, l'ancien boss de Chelsea est devenu incontournable. Avant la finale, Javier Zanetti a résumé son impact. Durant toute sa longue carrière, le capitaine milanais a avoué n'avoir jamais vu un groupe adhérer autant au discours de son entraîneur. "Chaque joueur, quelque soit son rôle, était derrière le projet. C'est la clef de notre réussite", avait glissé l'Argentin. Si Mourinho signe bien au Real dans les prochains jours, le vide laissé par le Portugais en Italie sera abyssal. Le cas Mourinho n’est toutefois pas la seule zone d’ombre à l’Inter.


Un triplé et des doutes

S’ils ont acquis la culture de la gagne depuis des années maintenant et ont mis au placard leurs complexes sur la scène européenne cette saison, les Interistes ont aussi d'autres interrogations à régler. Leur défense, l'une des clefs de leur réussite cette saison, risque ainsi de prendre un coup de vieux dans les prochaines années. Et notamment dans l'axe. Si Lucio et Samuel vont sur leurs 33 ans, Cordoba (33 ans) et Materrazzi (36 ans) sont plus proches de raccrocher leurs crampons que de prendre la relève. L'infatigable Javier Zanetti est dans le même cas du haut de ses 36 ans. Et pour ne rien arranger, Maicon devrait aussi quitter le navire pour suivre son entraîneur chez les Merengue. Il va falloir s'activer pour reconstruire. Alors, fin de cycle en apothéose ou début d'hégémonie continentale après des années de domination en Serie A ? La balance semble pencher vers la première solution. Si le président de l'Inter Milan, Massimo Moratti, a déjà démontré dans le passé qu'il avait plus d'une carte dans sa manche et fera tout pour laisser l’Inter au sommet, la célébration de ce fabuleux triplé commence de manière étonnante en Lombardie…