Une défense d'attaque

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Une défense d'attaque
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2009-10-21T23:16:47.000Z, mis à jour 2009-10-21T23:16:47.000Z

Mercredi soir, les Girondins ont battu le Bayern Munich (2-1) grâce à deux buts de Ciani et Planus. Inspirés offensivement comme défensivement, les deux défenseurs ont symbolisé ce Bordeaux retrouvé et efficace malgré le mutisme persistant de ses attaquants.

Habituellement réglé comme du papier à musique, Bordeaux a décidé de rompre avec ses bonnes habitudes depuis peu. En ce moment, les champions de France font les choses à l'envers. Les Girondins n'avancent plus en Ligue 1, se loupent face à Saint-Etienne (3-1) et Auxerre (0-1), mais foncent à cent à l'heure en Ligue des Champions. Pour preuve, cette victoire face au Bayern Munich (2-1), mercredi soir lors du troisième épisode de la plus prestigieuse des compétitions européennes de clubs. Face aux Bavarois, là aussi, les Bordelais n'ont pas fait les choses comme on l'attendait.


Après avoir concédé l'ouverture du score sur une reprise malencontreuse de Michael Ciani, les champions de France se sont remis dans le sens de la marche par ce même Ciani, auteur d'une talonnade aussi aérienne que magnifique. Et c'est Marc Planus, monté aux avant-postes sur un autre coup de pied arrêté, qui a donné un avantage définitif aux Girondins. Peu en réussite offensivement ces derniers temps avec des attaquants en plein doute, Bordeaux a réussi surmonter ses carences offensives grâce à l'apport d'une doublette de buteurs étonnante et détonante. "Ce sont deux défenseurs qui ont marqué, il ne leur est pas interdit de le faire", a lancé Laurent Blanc après la partie. Ce n'est d'ailleurs pas les deux buts de Ciani et de Planus que l'entraîneur girondin a retenu en premier lieu. "Les joueurs ont tout donné et ils ont respecté ce qu'on avait dit dans la semaine : ne pas oublier les fondamentaux. A travers Michael, c'est toute la défense qui m'a donné satisfaction. Je leur avais reproché certaines choses après Auxerre, ils en ont tenu compte."


"Une rigueur défensive qui a commencé par les attaquants"


Même son de cloche dans la bouche de Marc Planus, qui ne tire pas la couverture à lui. Pour le défenseur girondin, c'est un groupe qui a fait bloc face à un Bayern qui, réduit à dix après vingt-cinq minutes de jeu puis à neuf en fin de match, n'a jamais rendu les armes : "C'est anecdotique que les défenseurs marquent. On a tout donné, on n'a pas triché et nous sommes restés sérieux. Nos attaquants ont fait un boulot exceptionnel. Il y a eu ce soir une certaine rigueur défensive qui a commencé par les attaquants et qui nous a fait du bien."


Aligné seul en pointe, Marouane Chamakh incarne à lui tout seul les mots de Planus. S'il est une nouvelle fois resté muet, le Marocain a englouti les kilomètres comme d'autres enfilent les perles. Travailleur et accrocheur, c'est lui qui a provoqué les deux penalties manqués par Yoann Gourcuff et Jussie. Deux penalties, ou autant d'occasions de porter l'estocade manquées par les Girondins. "On ne peut pas résumer ce match à deux coups de pied ratés, réfute Laurent Blanc. Je le regrette car cela nous aurait donné un peu plus d'assurance. Mais je suis très content de mes joueurs. Ils ont montré leur envie, dans la mentalité, dans les duels. Nous avons vu un bon Bordeaux." Un bon Bordeaux qui vire en tête à mi-parcours et qui, c'est certain, a pris de la bouteille.