Une si longue histoire

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Une si longue histoire
Par Laurent VERGNE|Ecrit pour TF1|2010-06-26T21:45:03.000Z, mis à jour 2010-06-26T21:45:03.000Z

Le choc des huitièmes de finale oppose dimanche l'Allemagne à l'Angleterre. Un grand classique du football européen. De la finale de la Coupe du monde 1966 au triplé de Michael Owen à Munich en 2001 en passant par la demi-finale de l'Euro 96, retour sur cinq duels mémorables parmi d'autres.

1966: LE VRAI-FAUX BUT DE HURST


Le plus célèbre duel entre les deux pays. Le plus important aussi, puisque ce fut le seul à se tenir lors d'une grande finale. Le plus controversé, enfin. Lorsque les deux équipes sont à égalité (2-2), au cours de la prolongation, Geoff Hurst redonne définitivement l'avantage aux Anglais. Mais a-t-il vraiment marqué? Sa frappe du droit est venue s'écraser sur la barre transversale. Même les images arrêtées ne permettent d'affirmer ou d'infirmer avec certitude que le ballon, en retombant, a bien franchi intégralement la ligne. Les Allemands sont toujours persuadés d'avoir été volés. Les Anglais, eux, ont conquis devant leur public de Wembley leur premier et dernier titre mondial à ce jour grâce à ce but. Geoff Hurst, auteur d'un triplé, ajoute un 4e et dernier but, indiscutable celui-ci. Mais il ne suffira pas à éteindre la polémique. A noter que, depuis 44 ans, l'Angleterre n'a plus battu l'Allemagne dans une phase finale, au Mondial ou à l'Euro...


1970: LA MANNSCHAFT NE MEURT JAMAIS


Le Mondial 1970 reste sans aucun doute le plus beau de l'histoire. De cette édition mexicaine, la légende a d'abord retenu le talent inimitable d'une merveilleuse Seleçao, l'arrêt mythique de Gordon Banks sur la tête de Pelé et, bien évidemment, l'exceptionnelle demi-finale entre l'Italie et la R.F.A. Mais un tour plus tôt, les Allemands avaient déjà livré un match d'anthologie, face à l'Angleterre, pour une revanche brûlante de la finale de 66. Les hommes de Sir Alf Ramsey, convaincus de pouvoir conserver leur titre, gèrent bien leur affaire et mènent 2-0 en début de seconde période grâce à Mullery et Peters. Mais la Mannschaft n'est jamais morte. Beckenbauer réduit le score, Seeler égalise à l'entame du dernier quart d'heure, avant que Gerd Müller ne crucifie les champions du monde en prolongation. Ramsey, lui, a commis l'erreur de sortir Bobby Charlton à 20 minutes de la fin, pour le ménager en vue de la demi-finale. On ne joue pas avec les Allemands...


1990: LES LARMES DE GAZZA


Pour sa dernière compétition sous la bannière de la R.F.A. avant la réunification de l'Allemagne, la Mannschaft possède une équipe à la fois physique, talentueuse et expérimentée. Menée par Matthaus, Klinsmann, Brehme, Vôller et Littbarski, elle part favorite de sa demi-finale face à l'Angleterre, dont le parcours chaotique n'a pas convaincu grand monde. Comme face à la France quatre ans plus tôt au même stade de la compétition, c'est un coup-franc d'Andreas Brehme (détourné par le dos du malheureux Parker) qui permet aux Allemands d'ouvrir le score à l'heure de jeu. Mais les Anglais livrent leur meilleur match du tournoi et, au courage, ils vont revenir par l'intermédiaire de l'inévitable Gary Lineker, auteur du but égalisateur à 10 minutes de la fin. L'affaire se conclut aux tirs au but. Le sang froid allemand fait la différence. L'Angleterre est passée tout près mais la meilleure équipe l'a emporté. Pour les fans anglais, ce match reste surtout associé à jamais aux larmes de Paul Gascoigne. Lorsque le joueur de Tottenham écope d'un carton jaune en seconde période, il sait qu'il manquera la finale en cas de qualification. Incapable de retenir ses larmes, il y a gagnera la sympathie de tout un peuple et un statut de star, à la fois gratifiant et lourd à porter.


1996: LE FOOT RENTRE A LA MAISON


Lorsqu'elle organise l'Euro 1996, la sélection anglaise sort d'une des pires crises de confiance de son histoire. Eliminée dès le premier tour du précédent championnat d'Europe en 1992, elle a surtout manqué la phase finale du Mondial 94 aux Etats-Unis. La génération post-Lineker se cherche. Elle va partiellement se retrouver au cours de cet Euro à domicile. "Football's coming home" annonce l'hymne officiel de la compétition. La chanson fait un carton en Angleterre... mais aussi en Allemagne. Au point que le hit des Lightning Seeds devient un peu l'hymne de la Mannschaft, comme le sera "I will survive" deux ans plus tard pour les Bleus. "On chantait ce truc en arrivant au stade avant chaque match. Ça nous mettait de bonne humeur", raconte Jurgen Klinsmann. Jusqu'au bout, la chanson portera bonheur aux Allemands. Dans un Wembley en fusion, la demi-finale est intense. Alan Shearer ouvre le score dès la 3e minute mais Stefan Kuntz égalise au quart d'heure de jeu. Plus rien ne sera marqué et c'est à nouveau aux tirs au but que l'Angleterre va céder, le malheureux Gareth Southgate endossant le rôle du maudit, en ratant sa tentative. La Mannschaft remportera également la finale face à la République tchèque. Lorsque le trophée lui sera présentée à Berlin lors du retour triomphal au pays, la foule entonnera "Football's coming home"...


2001: OWEN, OWEN, OWEN


C'est la dernière confrontation à ce jour en match officiel entre les deux équipes. Un souvenir désastreux pour la Mannschaft, un des plus grands exploits de l'histoire du football anglais. Nous sommes le 1er septembre 2001. Les éliminatoires de la Coupe du monde 2002 touchent à leur fin. Battue à l'aller par l'Allemagne (0-1, le dernier match de l'équipe aux Trois Lions dans le vieux Wembley), l'Angleterre a besoin d'une victoire à Munich pour reprendre la première place du groupe et se qualifier directement. Carsten Jancker ouvre le score pour les Allemands. Commence alors un formidable récital anglais, avec en point d'orgue le hat-trick de Michael Owen, qui a certainement gagné son Ballon d'Or ce jour-là. L'équipe dirigée par Sven Goran Eriksson s'impose 5-1 à l'Olimpiastadion. La "génération dorée" est née. Elle semble de taille à remporter un grand titre mais, à ce jour, elle n'a jamais dépassé les quarts de finale d'un Mondial (2002, 2006) ou d'un Euro (2004).


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