"Une obsession"

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'Une obsession'
Par AFP|Ecrit pour TF1|2010-04-28T09:17:04.000Z, mis à jour 2010-04-28T09:17:04.000Z

Jose Mourinho oppose "le rêve" de l'Inter Milan de gagner après 45 ans de disette la Ligue des champions, à "l'obsession" qui tenaille selon lui le FC Barcelone de la remporter dans l'antre de son éternel rival, le Real Madrid. Mais il s'attend à un match difficile, ce soir, en demi-finale retour.

JOSE MOURINHO, que pensez-vous des déclarations de Piqué, qui a souhaité que vos joueurs "haïssent" leur profession pendant 90 minutes ?


J.M. : C'est difficile de commenter, je ne sais pas. Les joueurs sont libres de dire ce qu'ils veulent. Ce n'est pas une préoccupation pour moi. C'est un match, important, mais un match comme les autres, c'est tout.


Pensez-vous déjà à la finale ?


J.M. : C'est une demi-finale retour, qui est différente de l'aller. Il reste 90 minutes à jouer, c'est plus important que l'aller. Il y a 3-1 pour nous, mais on n'est qu'à la mi-temps. On a déjà vu des équipes mener par trois buts d'avance à la mi-temps et qui perdent à la fin. Ca me surprend, cette histoire (des déclarations de Piqué): quel est le problème pour la meilleure équipe du monde de remonter un 3-1 ? Il n'y a pas de drame, pas besoin de faire la guerre, de faire tout ça...


Vous avez joué six foix contre Messi...


J.M. : (Il coupe) Moi contre Messi, ça fait 50-0 et je ne touche pas le ballon ! (rires)


... en tant qu'entraîneur, et il n'a jamais marqué de but contre votre équipe. Est-ce le fruit du hasard ou de votre tactique ?


J.M. : C'est grâce à mes joueurs, qui travaillent avec beaucoup de concentration. Peut-être que il en mettra quatre ou cinq, comme contre Arsenal, et ces paroles auront été ridicules... C'est un joueur qui peut marquer n'importe quand et on ne peut pas le contrôler parfaitement. Mon équipe joue en zone, donc je n'ai pas de joueur qui fait un travail particulier sur lui. C'est dû un peu à mon travail, mais aussi à la chance et au hasard.


Eliminer l'équipe considérée comme la meilleure du monde, est-ce un objectif personnel ?


J.M. : Mon seul objectif, c'est de réaliser le rêve de l'Inter. Je ne peux pas parler de rêve personnel, puisque j'ai déjà gagné la Ligue des champions. Bien sûr, je veux la gagner encore et encore. Mais cette génération de l'Inter ne l'a jamais fait. Comme entraîneur, si je peux contribuer un tout petit peu à aider les supporters et (le président) M. Moratti à atteindre le rêve, lui rappeler le temps de son père, je serais très, très heureux. On veut poursuivre ce rêve, oui, mais ce n'est pas une obsession. Pour Barcelone, ce n'est pas un rêve, c'est une obsession.


C'est-à-dire ?


J.M. : Le rêve est plus qu'une obsession, c'est une question de fierté. Mes joueurs seraient très fiers d'atteindre la finale, à Moscou, à Madrid, à Rome, où que ce soit. Barcelone a réussi à Paris et à Rome (en 2006 et 2009), et a une obsession, appelée Madrid et Santiago-Bernabeu.


Pourquoi ?


J.M. : Une obsession, ça se voit et ça se sent. En 1997, j'étais là (au FC Barcelone) comme traducteur. On a eu une finale de Coupe du Roi au Bernabeu contre le Betis. On aurait dit qu'on gagnait la Coupe du monde ! Le drapeau catalan là-bas, l'hymne du Barça qui retentissait pour la première fois au Bernabeu, c'était incroyable ! Pour eux, c'est une obsession, mais ce n'est pas une critique: moi je peux imaginer une finale de Ligue des champions à Turin: ce serait une obsession pour l'Inter.


A quel genre de match vous attendez-vous ? A des surprises ?


J.M. : Barcelone a une équipe top, un entraîneur top, des joueurs top, avec la même philosophie de jeu depuis longtemps. Mais c'est aussi une équipe capable de changer et de s'adapter. On l'a vue jouer avec Ibra et Messi en retrait, Messi en pointe comme contre le Real Madrid et contre nous dans les vingt dernières minutes, avec quatre attaquants... Notre chance, c'est que nous pensons plus à nous-mêmes qu'à eux. Le problème c'est que c'est une équipe top, pas de savoir comment elle joue.