Une question d'équilibre

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Une question d'équilibre
Par etf1|Ecrit pour TF1|2010-06-18T20:45:03.000Z, mis à jour 2010-06-18T20:45:03.000Z

L'Angleterre se posait un certain nombre de questions avant son entrée dans la compétition le week-end dernier. Dire que son premier match face aux Etats-Unis (1-1) n'a pas permis d'y répondre relève de l'euphémisme. Le 11 de sa Majesté se cherche dans toutes les lignes. Et si le problème de l'identité du gardien de but s'impose de façon spectaculaire après la bourde de Robert Green qui a offert le point du nul aux Américains, Fabio Capello a d'autres soucis en tête. Le plus inquiétant, c'est sans doute le déséquilibre profond qui est apparu samedi dernier dans le fonctionnement de l'équipe.


En fait, les Anglais ont le problème inverse de l'équipe de France à ce niveau. Le jeu des Bleus penche trop à gauche. Celui de l'Angleterre a eu tendance à s'incliner de façon significative vers la droite. De ce côté, le tandem Aaron Lennon-Glen Johnson a convaincu contre les Etats-Unis, provoquant la majeure partie des situations offensives intéressantes par sa complicité et la vitesse de ses deux acteurs. A l'inverse, le flanc gauche n'a pas existé. Ashley Cole est resté très (trop) prudent. Devant lui, James Milner a été sorti au bout d'une demi-heure par Capello et son suppléant, Shaun Wright-Phillips, n'a pas été davantage en réussite. Il n'a jamais su se situer sur le terrain


Ashley Cole doit se réveiller


Une question d'équilibre

Si elle veut sortir en tête de son groupe et voir loin dans ce Mondial, l'Angleterre doit impérativement retrouver un semblant d'équilibre. Fabio Capello ne l'ignore pas. S'il ne devrait pas toucher à ce côté droit qui lui a donné toute satisfaction, il va revoir sa copie à gauche. Et l'homme clé de la possible solution est... un milieu défensif axial, en l'occurrence Gareth Barry. Le joueur de Manchester City n'a pas le talent d'un Rooney ni l'aura d'un Lampard ou d'un Gerrard, mais dans l'esprit du technicien italien, il est indispensable. Pas parce qu'il est le meilleur, mais parce qu'il est le seul à pouvoir tenir ce rôle de sentinelle devant la défense. Or Barry, enfin remis d'une blessure qui l'a éloigné des terrains pendant six semaines, sera bien titulaire vendredi. "Tout va bien, il s'est entraîné normalement, il va jouer", a assuré Capello.


Pour beaucoup, Barry présente le double avantage de stabiliser le secteur défensif tout en aérant l'animation offensive. Pour un peu, il serait le sauveur de la patrie en danger. C'est peut-être beaucoup demander à un jouer qui manque de rythme après ses pépins physiques et dont la saison à Manchester n'a pas été flamboyante. Mais il y a du vrai. Barry peut changer beaucoup de choses. "Le plus important, témoigne Alan Hansen, l'ex-défenseur de Liverpool, c'est qu'il va permettre de densifier le côté gauche de notre milieu de terrain, probablement en décalant Steven Gerrard." Ce dernier ne l'a jamais caché, il réfère jouer dans l'axe, mais avec Frank Lampard, ils ont tendance à se marcher dessus. L'autre solution consisterait à sacrifier une pointe, en l'occurrence Emile Heskey, afin de placer Gerrard juste derrière Rooney, en conservant un vrai milieu gauche, Milner, Wright-Phillips ou Joe Cole, grand oublié du premier match face aux Etats-Unis.


C'est peu probable, toutefois. Cette option du 4-4-1-1 n'a semble-t-il pas les faveurs de Fabio Capello. Gerrard a donc de fortes chances de se retrouver excentré sur la gauche vendredi contre l'Algérie. Mais pour que l'équipe aux Trois Lions retrouve un équilibre, il faudra aussi qu'Ashley Cole montre son vrai visage. "Je sais que je dois apporter plus dans mon couloir", a concédé le latéral gauche de Chelsea dans la semaine. C'est indispensable, car pour l'heure, l'Angleterre boite. Et tant qu'il en sera ainsi, elle devra limiter ses ambitions.