Valcke : "Faites attention"

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Valcke : 'Plus jamais ça !'
Par AFP|Ecrit pour TF1|2010-06-27T21:30:03.000Z, mis à jour 2010-06-27T21:30:03.000Z

Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fifa, a demandé au pouvoir politique français "de faire attention de ne pas aller trop loin" dans son intervention auprès la FFF. Il espère également ne plus revivre la crise provoquée par la débâcle des Bleus au Mondial.

JEROME VALCKE, comment la Fifa a-t-elle appréhendé l'intervention des politiques en France à la suite de la débâcle des Bleus ?


J.V. : Il existe un système de management du football, et on demande à la France de le respecter. Il existe un système qui fait qu'il y a un corps qui élit le président de la FFF. Il est élu pour une période. S'il veut mettre fin à son mandat parce qu'il se sent responsable en partie de ce qui s'est passé durant le Mondial, c'est son droit. A ce moment-là, un processus électoral se mettra en place (...). Cette demande sera faite à la Fifa, pour que la Fifa reconnaisse qu'il y a un président par intérim. S'il y a une décision de changer le corps électoral actuel de la FFF, c'est aussi une discussion qu'ils devront avoir avec nous. Il existe dans les statuts de la Fifa une définition très claire concernant les élections: comment elles sont menées, comment un corps électoral est formé, comment un comité exécutif doit être composé, etc. Tout cela c'est écrit. Cela fait du bien de temps en temps de le rappeler.


Qu'avez-vous pensé de l'intervention de la ministre des sports Roselyne Bachelot demandant la démission du président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes ?


J.V. : On a dit à son ministère: "faites attention, il y a des mots qu'on ne doit pas employer. Ce n'est pas à vous de demander sa démission, c'est à lui de donner sa démission". Dans le monde, il faut faire attention à qui peut demander quoi. Dans le monde du football et le monde du sport en général, avec le CIO, on se bat pour garder notre autonomie, parce qu'on sait comment gérer le football. On accepte le principe que le politique travaille avec nous. En Afrique, ce que l'on fait ne suffit pas, donc on travaille avec nombre de gouvernements pour s'assurer que les équipes ont du soutien et peuvent aller participer à des compétitions internationales. Mais il faut garder cette frontière qui, c'est vrai, est un peu fine parfois. La gestion du football reste dans le football et par conséquent faites attention de ne pas aller trop loin. Vous pouvez soutenir mais vous ne pouvez pas exiger un certain nombre de choses, parce que là, tout d'un coup, cela va contre notre structure.


Comment avez-vous appréhendé la réception de Thierry Henry par le président Nicolas Sarkozy jeudi à l'Elysée ?


J.V. : C'est son droit. Moi, je serais président de la République, je pense que je me donnerais le droit de demander au joueur le plus emblématique de cette équipe de France, Thierry Henry: Est-ce que tu peux me dire ce qui s'est passé? (...) Ensuite, il est celui qui s'exprime au nom des 60 millions de Français qui ont eu un sentiment de déception profond quand ils ont vu ce qui s'est passé. (...) Et je suis certain que cela ne signifie pas que le lendemain, le président va dire: +On fait ça, ça, ça+. Il demande à son ministre des Sports, à sa secrétaire d'Etat que les choses ne se reproduisent pas. C'est normal, la Fifa n'a rien contre.


La Fifa aimerait-elle avoir le sentiment d'un joueur ?


J.V. : Nous, la Fifa, la seule chose que l'on ait envie de dire c'est: plus jamais ! C'est juste une question de responsabilité vis-à-vis du reste du monde. Quand on parle d'éducation, de fair-play etc., ceux qui sont l'objet de toute cette attention ont la responsabilité de donner la meilleure image au monde. Quand vous êtes un heureux élu, c'est votre responsabilité vis-à-vis des autres français et du reste du monde.