La victoire de Puel

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La victoire de Puel
Par Eurosport.fr|Ecrit pour TF1|2010-03-11T11:22:00.000Z, mis à jour 2010-03-11T11:22:00.000Z

Face au Real Madrid, Lyon a signé deux énormes performances en terme d'intensité et de solidarité. La qualification s'est arrachée aussi bien sur le terrain que dans les têtes et sur le tableau noir. Principal architecte de ce chef d'oeuvre, Claude Puel, resté fidèle à ses convictions.

Trop rigide, trop frileux, trop obstiné. Claude Puel a traversé la première partie de saison sous les quolibets, dans la lignée d’une première année décevante avec le club rhodanien. Les résultats de l'OL n'ont fait que fragiliser sa position. Mais soutenu sans retenue par Jean-Michel Aulas, le coach de l'OL a traversé la tempête sans siller. Sans jamais renier ses principes de jeu. Il n'a pas cédé et est resté fidèle à ses convictions. Lyon a continué à aligner son 4-3-2-1, à s'appliquer à bien défendre en équipe. L'ancien Lillois a connu son apothéose ce mercredi. La qualification face au Real des Kaka, Ronaldo et autres Casillas porte son empreinte et couronne sa philosophie.


Face aux individualités madrilènes, Lyon a opposé ce fameux bloc équipe si cher à Puel. De l'intensité, de l'abnégation, de la solidarité. Voilà ce qui a fait la différence face aux éclairs trop fugaces de la Casa Blanca. Lyon a dominé, tenu le ballon durant 135 des 180 minutes de la double confrontation. Certes à l'intersaison, Lyon a perdu gros avec les départs de Juninho et Benzema mais le club aux sept titres de champions de France ne s'en remet plus à des solistes mais à un collectif sans faille en C1.


Des choix payants


"On est restés toujours groupés", témoigne ainsi Jean II Makoun. "Il ne fallait pas se démoraliser parce qu'on savait que même à 2-0, en marquant un but, on était qualifiés. On avait vraiment ça en tête et ce but est venu. On a montré pas mal d'expérience et beaucoup de qualités quand il fallait." Puel a su redresser la barre à la mi-temps. Trouver les mots justes certes mais palier avec beaucoup de justesse les blessures de Boumsong et Makoun en lançant Källström et son énorme volume de jeu ainsi que le jeune Gonalons. Deux choix payants alors que Toulalan, assurait le job avec brio dans l'axe de la défense. Claude Puel peut savourer sa victoire : "Nous avons modifié notre schéma en seconde période. Cela nous a permis de gagner dix mètres sur le terrain alors que le Real a baissé physiquement. Sur la seconde période, notre qualification est méritée car il a fallu un grand Lyon. Les changements ont été déterminants car les joueurs sont bien rentrés."


Lancer Gonalons en équipe première et replacer Toulalan en défense, deux options audacieuses mais qui portent là-encore le sceau de Puel. De même, il fallait du culot pour titulariser Cesar Delgado en lieu et place d'un Michel Bastos plus flamboyant et titulaire en sélection brésilienne et recruté à prix d’or l’été dernier. Mais l'Argentin fut le meilleur Lyonnais dans le jeu au terme des deux rencontres face à Madrid. Son abattage, sa conservation de balle et son travail défensif ont fait très mal au grand Real. Dans la veine d'un collectif au diapason. Le mot de la fin revient à Guti. "Ce serait un échec de ne pas se qualifier contre Lyon" qui n'est pas "un des grands d'Europe", déclarait l'arrogant milieu de terrain du Real le week-end dernier. A l'issue des 180 minutes, il était forcé d'abdiquer :"Je crois que Lyon a plus été une équipe que nous, il faut dire la vérité."