REPORTAGES : LES ENFANTS DU SECRET...10 ANS APRES

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Reportages
Par manuduperray|Ecrit pour TF1|2011-02-26T15:52:18.000Z, mis à jour 2011-02-26T15:53:46.000Z

REPORTAGES : LES ENFANTS DU SECRET...10 ANS APRES

DIFFUSION : SAMEDI 12 MARS 2011 A 13H15


"Il n'y a rien... Rien X... Il y a un X" .C'était il y a 10 ans, Véronique, née sous X recherchait ses origines. "C'est un manque. On ne peut pas vivre sans sa maman. On est boiteux à vie. J'ai un besoin énorme que les yeux de cette femme se posent une fois sur moi" confiait Véronique en 2001. Il y a 10 ans, il y avait également Isabelle, rencontrée quelques jours seulement avant le rendez-vous le plus important de sa vie, un rendez-vous avec sa mère biologique: Je lui ai dit que je voulais un peu de son temps. Qu'elle m'avait mise au monde. Je lui ai demandé de me raconter mon histoire." Deux femmes, deux parcours et une même obsession: lever le secret. 10 ans plus tard, elles ont accepté de se raconter à nouveau.





Au bras de Véronique aujourd'hui, Nicole, celle qu'elle a cherchée toute sa vie: sa mère biologique. Ensemble, elles reviennent là où leurs chemins s'étaient séparés en 1954, le lieu de naissance de Véronique, le lieu aussi de son abandon, l'ancienne maternité de la Bassée dans le Nord.


Le 28 août 1954, Nicole ne l'a pas oublié: "Non seulement je n'ai pas vu le bébé, je ne l'ai pas entendu crier... rien. Je ne savais même pas si c'était une fille ou un garçon. Neuf jours après, j'ai demandé et c'est là que mon père m'a dit: tu n'as pas de chance... il est décédé". Un mensonge auquel Nicole va croire pendant 50 ans. Ses parents décident d'abandonner le bébé.... Sous X "De voir cette lettre X. X c'est moi quoi! C'est ça qui est terrible surtout quand on ne le sait pas. On ne pouvait pas espérer mieux que de revenir ici toutes les deux". Rien n'aurait été possible sans l'intervention, après la diffusion du reportage en 2001, de Mimi. Michèle conserve l'hebdomadaire de l'époque et quatre ans plus tard "j'ai pu appeler TF1 et dire que peut-être, je savais quelque chose. C'est une décision horriblement difficile à prendre. On se demande si on ouvre la boîte de Pandore. Si on va créer beaucoup de chagrin ou au contraire du bonheur".


En 2001, Isabelle s'apprêtait à rencontrer sa mère pour la première fois: "J'ai l'estomac serré, la gorge serrée. Quand on aura parlé, les premiers mots, après ça ira." Le rendez-vous va durer trois heures à l'abri des caméras et dans le train du retour, Isabelle est "heureuse". "Ca fait longtemps que ça ne m'était pas arrivé." Dix ans plus tard, elles restent en contact "On n'est pas deux étrangères et en même temps on est presque deux inconnues. On boit un verre ensemble et ça suffit. On vit le moment et ça a quasiment la même densité que la première fois que je l'ai vue... où c'était fort".
Celle qui l'a élevée. C'est Geneviève. Elle ne lui a caché ni son adoption ni sa naissance sous X. Geneviève n'avait jamais vu le reportage de 2001. "Je n'avais pas vu cet interview. Je n'aurais jamais pensé qu'elle aurait pu éprouver autant de douleur intérieure." "C'est tellement difficile de chercher, pour la plupart des gens, qu'on a l'impression que quand on va trouver, on va franchir la porte du paradis et ce n'est pas tout à fait comme ça que ça se passe. Connaître la vérité ne résout pas tout mais beaucoup."


LES AVENTURIERS DE L'OR NOIR




300 mètres de long, 60 mètres de large, haut comme cinq Tour Eiffel. Au large de Luanda, la capitale de l'Ouganda, se dresse Dalia, l'une des plus grandes plates-formes pétrolières au monde. A son bord des hommes de dix nationalités différentes et une seule femme. Catherine, une ingénieure française. Un mois de travail intensif en pleine mer contre un mois de vacances en famille.... Comment ces "aventuriers de l'or noir" vivent-ils leur double vie?


135 kilomètres au large de Luanda, la capitale de l'Angola, un immense navire se dresse au milieu de l'océan... 300 mètres de long sur 60 de large, voici Dalia, l'une des plus grandes plates- formes pétrolières au monde accessible uniquement en hélicoptère. Philippe Refinatto, ingénieur est responsable de 180 personnes de 10 nationalités différentes. Tout le monde vit à bord et se relaie 24 heures sur 24, 12 mois sur 12.


Cette plate-forme sert à extraire, isoler et stocker le pétrole foré. Une quarantaine de puits gisent par plus de 1 500 mètres de fond sous la plate-forme et produisent 40 millions de litres de pétrole par jour. A bord, une seule femme: Catherine, une Française, ingénieure passionnée "avant c'était vraiment métro, boulot, dodo. Ici, on se lève et on ne sait pas ce qui va se passer dans la journée. On ne sait pas quand la journée va se terminer." Dans quelques heures, après ses quatre semaines de service, elle quittera Dalia pour un mois de vacances "retour à la vie normale.... La délivrance". A bord du Dalia, Philippe est seul dans sa chambre "le principe de rotation permet de disposer d'un équilibre parfait: le temps consacré au travail, 4 semaines, intensif. Et le temps consacré à la famille où là, on est 100% dispo pour les siens. On redécouvre son épouse à chaque retour et ça c'est génial. Il y a des moments très forts, les premiers jours, c'est vrai que c'est super sympa."


A 6000 kilomètres de là, Patricia, sa femme, vit seule un mois sur deux avec Thomas 13 ans et Alicia 16 ans. Onze ans de olitude pas toujours facile à vivre "J'ai tout à gérer. La solitude le soir quand les enfants sont couchés. Au bout de quatre semaines, c'est lourd et ça fait du bien quand il rentre à la maison." Pour réduire les distances, il y a le coup de fil quotidien et les mails "quand j'ai un petit moment où il me manque. Je lui écris les petites choses de tous les jours." Et quand Philippe rejoint sa famille, il y va "sur la pointe des pieds pour ne pas bousculer les habitudes prises pendant mon absence". "Quand Philippe revient effectivement et qu'il veut un peu trop prendre les choses en main, je lui dis: sur la plate-forme, d'accord c'est toi le chef mais ici, c'est moi. Il ne faut pas l'oublier".