Reportages : Les Routiers se mettent à table

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Reportages - Les routiers se mettent à table
Par raphaeletf1|Ecrit pour TF1|2011-05-24T16:12:06.000Z, mis à jour 2011-05-24T16:35:55.000Z

Reportages : Les Routiers se mettent à table

Diffusion du magazine Reportages samedi 11 mai 2011 A 13H15


Des heures et des heures derrière leur volant, à bord de leur 38 tonnes, les routiers avalent les kilomètres en rêvant à la pause : " On mange des kilomètres et quand on a fini on va manger au restaurant ". Déjeuner ou dîner... Avec au bord d'une nationale, la bonne adresse qu'ils se repassent d'un camion à l'autre. Pavé et pommes frites, oeufs mayo et crème caramel, le tout fait " maison " sur une nappe à carreaux... et les routiers se mettent à table.

Le resto routier serait en voie d'extinction. Trop pressés, les chauffeurs de poids lourds roulent a fond sur les autoroutes et ne s'arrêtent qu'un moment pour se nourrir sur ses aires. Alors, quel avenir pour les " résistants " ? Empruntons la célèbre Nationale 7 jusqu'à Périgny dans l'Allier. Ici, aucun commerce et deux établissements " à l'ancienne ", face à face... A cinq kilomètres seulement, un " néo " resto routier avec tout le confort à portée de main : station essence, boutique, restaurant et " la douche en face du parking poids lourds." Monsieur et Madame Bruni veulent séduire touristes, routiers et familles. Cinq kilomètres plus haut, Martine et Jean-Claude proposent leur toile cirée et leur voisin du Relais de Périgny, Thierry fait tout tout seul. L'arrivée de leur " rival " a fait baisser le niveau des camions : " c'est très joli. C'est plus impersonnel. Ce n'est pas comme chez nous ou en face... ". Chez les " petits ", on cultive ses différences : ambiance, service à table et la quantité : " je ne compte pas les frites... ils peuvent m'en redemander, la quantité c'est important. "
Alors, moderne ou traditionnel ? Les premiers servis, les routiers, ont bien leur avis sur la question et ils le postent sur la toile. Pascal Van Mullem, dit Monopoly, ne dort chez lui que le week-end. Le reste du temps, il transporte... la maison des autres. Les toiles cirées, les mousses au chocolat et les kilomètres, c'est une passion qui dure depuis 23 ans. Avec six collègues intransigeants et gourmets, il a créé un site internet des gastronomes en 40 tonnes. Un seul principe : les routiers testent leurs " cantines " de 5 étoiles aux critiques assassines pour celles à éviter.

Voyager me fascinait et d'une passion j'ai fait un métier ". Routier sympa, Pascal Wèbre fait partie de la bande des testeurs : " ces grandes chaînes de restaurant où on mange toujours la même chose, si on arrive un jour à manger à Barcelone, exactement la même chose qu'à Berlin, je ne vois plus l'intérêt de voyager. Autant que je reste chez moi. Demain, comme tous les soirs, je vais essayer de trouver ce moment de convivialité. On mange des kilomètres et quand on a fini de manger des kilomètres, on va manger au restaurant ".


Maman, j pète un cable ... 7 ans après



Ils avaient entre 11 et 14 ans, Damien, Jérémy, Vanessa... Des enfants renvoyés de toutes les écoles. Cris, sanglots, violence, claquements de portes : tous souffraient de troubles du comportement. Leur dernière chance : l'Institut de rééducation des Landettes à Saint Nazaire. En 2004, nous avions partagé leur vie quotidienne, loin de leur famille, entre les cours et l'internat. 7 ans après, que sont devenus ces enfants turbulents et touchants ?


Jérémy, 21 ans, compte deux CAP d'ébénisterie et de menuiserie et, si tout va bien à la fin de l'année, il deviendra charpentier. Le cancre agité est devenu un étudiant attentif, appliqué et déterminé à réussir : " mon moteur c'est : être meilleur que tout le monde. J'ai eu ma revanche sur les profs qui disaient que je n'arriverais à rien dans la vie. Ca m'a pas empêché d'avoir deux diplômes, bientôt trois. " Son mentor et ancien patron Jean-Pierre Grevèche, croit en lui : " C'est dans sa tête. Comme il n'est pas sûr de lui, il se pose beaucoup de questions et il n'avance pas. Faut mettre les questions derrière et avancer. Dans ses mains il a de l'or, je peux vous le dire. "

Damien, 20 ans, a lui passé 6 ans aux Landettes. " J'en ai marre, je casse plein de choses en ce moment. Je me fais mal partout. Depuis lundi, si ça m'énerve. J'pète un câble " disait-il à 13 ans. Sans travail, son frère aîné, Fabien, l'accompagne au Pôle emploi : "Je sais pas trop écrire et j'ai du mal à me démerder tout seul en fait. Je panique ".


Aux Landettes, dans sa chambre, Vanessa écoutait la musique à fond, chantait à tue tête, dansait et sautait. Aujourd'hui elle travaille dans un fastfood et s'est installée dans un foyer pour jeunes travailleurs. Elle a un petit studio à elle toute seule, 15 mètres carrés d'indépendance. Si Vanessa arrive à vivre toute seule, c'est grâce en partie à son ancienne famille d'accueil et à Madame Magescki : " C'est des années de souffrance. Quand on est jeune et qu'on n'a pas ses parents à côté, on ne se sent pas aimés. On se dit : ils nous ont abandonnés. C'est ce que j'ai ressenti quand j'ai été placée. " " Je suis fière de la façon dont elle a tourné sa vie " lui dit Madame Magescki.
Sur la plage, Damien se promet " trouver un boulot, arrêter de boire, tout ça en même temps. C'est dur. J'ai envie de m'en sortir. J'espère que je serai un homme bien. J'aurai ma petite famille à moi. Je serai heureux. Faut voir ce qui va se passer plus tard. Dans mon enfance, j'ai pas toujours été heureux. Là, je suis déjà un peu plus heureux, un peu plus content, plus confiance en moi. Il faut que ça avance et bien. "

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Raphaële

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