The Voice Kids : Claudio Capéo : "J’ai pris une bonne claque avec les nouveaux talents !"

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The voice kids - Claudio Capéo - « Un homme debout »
Par Pauline HOHOADJI|Ecrit pour TF1|2017-02-22T11:57:11.159Z, mis à jour 2017-02-23T08:58:46.911Z

Claudio Capéo ("The Voice 5") a explosé avec son album éponyme porté par les titres Un Homme debout et Ça va ça va. Un succès impressionnant sur lequel il revient auprès de MYTF1. L’occasion également d’évoquer la saison 6 de "The Voice" lancée le 18 février 2017 sur TF1.

MYTF1 : Vous avez fait un carton avec votre premier album Claudio Capéo en vendant plus de 300 000 disques. Ça donne le tournis quand même non ? 
Claudio Capéo : C’est complètement dingue, ça a été fait sans prétention au départ. Et finalement, ça a pris ! C’était un rêve de gosse de faire de la musique, des albums. Mais pas à ce niveau-là. Il se passe un truc assez incroyable. 

Vous ne vous attendiez pas à un tel succès ? 
Non ! Et on ne réalise pas. Tant mieux,  du coup on plane sur notre petit nuage. On ne sait pas trop ce qui se passe, mais on y va à fond. 

Vous avez déjà sorti deux albums en 2010 et 2012. Quel accueil ont-ils reçu ? 
C’était différent. Ils étaient en autoproduction. Il n’y avait pas de promo derrière, rien du tout. C’était juste nous. On avait notre public à nous : la famille, les amis, nos proches. On a fait quelques concerts en France. On a vendu quelques albums, entre 6 000 et 7 000 exemplaires. 

Ce qui n’est pas mal pour un groupe qui n’était pas connu non ? 
Oui ! On jouait tous les week-ends, partout, non-stop. Juste pour le plaisir de jouer. Ça a permis de jouer énormément. On a plus de 500 concerts derrière nous en 9 ans. Ce qui n’est pas rien. On a vraiment tout fait, même la Fête à la banane ! On a écumé quasiment tous les bars de France. On n’a jamais arrêté. 

Vous avez aussi joué dans le métro ? 
On a fait un bon mois de métro. On faisait des allers retours, on essayait de tenir une semaine à chaque fois, de gagner un peu d'argent pour pouvoir dormir dans des auberges le soir. 

Ça marchait ? 
Oui, plutôt bien. Mais à un moment donné, c’est le moral qui ne marchait plus. Ça nous a tous un peu chamboulés et on en a eu un peu marre. Il y a des gens qui apprécient, qui sont là, te soutiennent et te donnent un peu d’argent. Mais la plupart du temps, c’est assez difficile quand même. Beaucoup de gens ne s’arrêtent pas. Le pire, c’est ceux qui mettent les doigts dans les oreilles et qui te font une grimace. 

Après votre défaite aux battles de The Voice 5, vous avez signé rapidement avec le producteur de Zaz. Vous avez malgré tout eu le temps d'atterrir après l'émission du coup ?
Je me suis dit : 'J’ai perdu, je vais rentrer à la maison, reprendre ma vie tranquille, finir ma maison. Et finalement, la semaine d’après je suis revenu sur Paris. Et c’était parti. 

Cinq semaines numéro 1 des ventes, c’est un vrai raz-de-marée. Comment on fait face à tout ça ? 
C’est toujours pareil. Comme pour les 300 000 albums, on ne comprend rien. Dès qu’on entend notre titre à la radio, on a les poils qui se dressent et on se dit que ce n’est pas possible, que c’est un gros bobard, un coup monté. Finalement ça perdure, et on est encore là. On commence à réaliser. Mais encore maintenant, quand je m’entends à la radio, je me dis : "C’est nous !" 

"Ma mère n'arrête pas de pleurer"

Votre famille a eu la même réaction ? 
Ma mère n’arrête pas de pleurer. Mais des pleurs de joie même s’il y a une part de tristesse je pense. Elle m’a toujours poussé pour que je fasse de la musique, pour que je me donne à fond et devienne prof d’accordéon. Et finalement, elle a forcé et maintenant elle ne me voit plus ( à cause de la tournée ndlr). Elle voulait que je fasse de la musique, mais elle ne pensait pas que ça partirait aussi haut, aussi loin et aussi vite. Même si ça fait dix ans qu’on joue, en une seule année, il s’est passé tellement de choses ! Ce n’est pas facile de comprendre ce qu’il se passe. 

Vous vivez toujours dans le Haut-Rhin. C’est une manière de garder les pieds sur terre ? 
Oui et c’est aussi pour finir ma maison. J’ai tous mes amis et ma famille là-bas. C’est là où je suis né, où je suis bien, où je peux me reposer, où je peux me vider l’esprit. Si je peux rentrer ne serait-ce qu'une fois par semaine, ça me fait du bien. Je ne pourrais pas m’en séparer. C’est ma région que j’aime. Je fais deux pas, je suis dans la nature ! 

Ça doit être la folie quand vos voisins et vos amis vous retrouvent, non ? 
Complètement, même si je ne les vois pas beaucoup ! Ce n’est pas évident en ce moment. Mais tout le monde est très fier ! 

Vous avez fait du métal, du jazz africain. Ça y est, vous avez trouvé votre style ? 
Oui ! (rires) C’est vrai qu’on s’est beaucoup cherchés ! Le métal, c’était vraiment pour casser l’image "accordéon". J’avais plein d’amis qui faisaient du métal et c’est une musique qui me plaît. Je me suis dit pourquoi pas. Je tapais sur des gros tonneaux à la Slipknot et j’avais acheté des platines pour faire du scratch à côté. On s’éclatait ! On a fait quelques scènes, on s’est détruit les oreilles et on a arrêté. Je ne chantais pas, j’avais encore une voix de petite fille, je n’avais pas encore mué ! (rires) 

Vous avez travaillé comme menuisier décorateur. Cette vie-là c'est totalement fini ? 
C’est fini professionnellement mais pas personnellement. Je suis en train de retaper ma maison. Je continue tout ce qui est manuel, ça me plait. Si le succès devait s’arrêter, je ferais sûrement un métier manuel. Je prends mon pied en faisant des meubles, en montant des murs. 

Vous avez été nommé aux NRJ Music Awards, aux Victoires de la musique. On ressent quoi en voyant son nom dans la liste des nominations ? 
C’est fou. On le savait au fond de nous qu’on y allait, qu’on était annoncé. Mais tant qu’on y était pas, on ne réalisait pas totalement. Finalement, on se retrouve là-bas et on se dit  : "C’est quoi cette histoire". On se dit : "Qu’est-ce qu’on va faire la prochaine fois, aller sur la lune ?" (rires) C’était un gros kiff ! On a toujours voulu percer et aller loin, mais aller aussi haut, c’était inimaginable. On nous disait à l’époque : "Des groupes comme vous, il y en a des milliers. Amusez-vous, vous n’irez jamais très loin." Nous on s’en moquait. On était entre potes, on s’éclatait. C’était le plus important pour nous. Et finalement en forçant un peu le destin, on s’est retrouvés aux Victoires, aux NMA… 

"Florent Pagny est très fier"

Que retenez-vous de The Voice, qui vous a permis d’exploser comme ça ? 
Si tu as des rêves, des envies, il faut foncer. Je pensais que je n’étais pas capable de faire The Voice, je suis un chanteur des rues. Et je me dis finalement que c’est un tremplin énorme pour les jeunes, pour nous. Je me suis fait plein d’amis, j’en revois pas mal. 

Vous revoyez qui ? 
Beaucoup Bruno Berberes, le directeur de casting, et quelques talents dont Slimane. Dans l’émission, je ne l’avais jamais rencontré. Finalement on s’est croisés sur des plateaux, on faisait notre promo en même temps. On est devenus amis alors que beaucoup de personnes pensent qu’on ne s’entend pas. 

Vous avez recroisé Florent Pagny, votre coach dans The Voice 
Une fois, lors d’une émission consacrée à la Fête de la musique. C’était assez drôle, on a parlé quelques minutes avant les balances. Il est fier et content. Heureusement qu’il m’a buzzé, c’était le seul ! 

The Voice c’est un vrai tremplin ? 
Complètement !Tu rencontres beaucoup de monde et ils sont tous bienveillants. 

Quel était votre état d'esprit pendant l'émission ?
J’ai eu énormément de pression, mais je me la mettais tout seul. Quand j’ai commencé The Voice, je n’avais jamais fait de télé. Les auditions à l’aveugle se sont bien passées. Les battles, j’étais très angoissé, d’autant plus que le matin même, j’avais appris que mon fils avait une sorte de pneumonie et était à l’hôpital. 

Vous avez regardé le premier épisode de la nouvelle saison ? 
J’ai regardé les quatre ou cinq premières auditions, après je devais donner le biberon à mon fils et lui mettre des dessins animés ! (rires) J’ai pris à nouveau une bonne claque. Je me suis arrêté à Lisandro qui danse et chante comme un fou. Je l’ai trouvé génial. Pour moi, c’est le Bruno Mars à la française. 

Si aviez quatre buzz cette année, avec quel coach vous partiriez ? 
J’irais peut-être avec Zazie. J’hésitais entre elle et Florent Pagny. Elle a un côté plus rock’n roll qui me correspond un peu plus. 

Que peut-on vous souhaiter ? 
Un maximum de concerts et sortir un quatrième bel album ! Et toujours prendre autant de plaisir à faire ce que l’on fait. 

Retrouvez ci-dessous Claudio Capéo, répondant aux questions des internautes :

                                                                    

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