The Voice : EXCLU. Nikos : "Quand une maman me broie la main, je repense à mon histoire"

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Quand Nikos lance la pub… en chansons
Par Ingrid BERNARD|Ecrit pour TF1|2018-02-22T12:59:52.621Z, mis à jour 2018-02-23T06:58:23.653Z

Depuis sept ans, Nikos photographie les talents en coulisses avant qu’ils entrent sur scène. Il recueille aussi leurs impressions ainsi que celles de leurs proches. Un moment qu’il prolonge lorsque les caméras sont éteintes. Car pour lui, "The Voice", c’est avant tout une histoire humaine…

MYTF1. En coulisses, on vous sent souvent ému par l’histoire des familles…
Bien sûr, il y a la technique, le show… Je suis l’interface entre le public, les coachs, les talents… Mais c’est un moment de télévision à part. Je suis une éponge. Je ressens la joie, la déception des talents, des familles. Dans ces moments-là, je ne suis plus l’animateur. Je m’imprègne de leur histoire. Quand je présente The Voice, je mouille la chemise aussi bien au sens propre qu’au figuré. A la fin de l’émission, je suis crevé. Mais j’ai une chance incroyable : je suis le récepteur privilégié des émotions des talents et de leurs proches. Je ressens une puissante décharge électrique. C’est inexplicable. Je passe du rire aux larmes en l’espace d’un instant. Je vois dans leurs yeux, l’attente, l’appréhension…

MYTF1. Cela vous arrive-t-il de vous identifier à leur histoire ?
Quand une maman me broie la main, je pense à ma mère, mon père. J’ai perdu mon papa il y a deux ans. Je me rappelle encore de mes débuts. Quand il venait me voir, il était mal à l’aise, timide… Ces instants me renvoient souvent à mon histoire. The Voice, c’est une histoire de sentiments. Ca me nourrit personnellement.

MYTF1. Y a-t-il des histoires qui vous touchent plus que d’autres ?
Le lien parents-enfants me bouleverse particulièrement. C’est difficile à vivre quand je suis en coulisses avec un enfant et qui regarde ses parents passer sur scène. Je suis mal à l’aise quand les coachs ne se retournent pas. Les parents doivent rester des héros pour leurs enfants. Je veille à ça. 

"Les talents me font confiance, je ne leur vole rien"

MYTF1. Il vous arrive très souvent de continuer de prolonger ces discussions hors caméra…
La télévision, ça ne se limite pas à un numéro de claquettes quand on est sous le feu de la rampe. Je sens une certaine responsabilité hors caméra. C'est grâce aux gens que l’on est dans la lumière. Mais au final, que reste-t-il après ? Une poignée de main, un regard… Cela vaut bien plus que le reste. Je suis conscient que la lumière peut tout ravager, que cela est éphémère. Ces moments-là, eux, restent. Je me mets à la place des gens. Si ma fille participait à une émission de télévision, j’aimerais vraiment qu’elle se retrouve face à un animateur intègre.

MYTF1. Justement, votre fille a-t-elle la fibre artistique ?
Si vous saviez… Ça lui arrive de temps en temps de venir me voir. Elle me dit : "A quelle heure je chante, moi ?" Autant vous dire que je peux fermer boutique tout de suite (Rires). C’est vrai qu’elle a ce talent… Je n’aime pas trop exposer mes enfants. Mais il m’est arrivé, pendant une coupure pub, de dire aux gens que ma fille était dans le public. Elle n’a pas tardé à faire le salut d’artiste. J’aurais préféré qu’elle soit timide… Mais une fois à la maison, quand on regarde The Voice en famille, il lui arrive très souvent de me demander d’éteindre la télévision. Elle me dit : "Tu es mon papa, tu dois être avec moi".

MYTF1. Lors des premières auditions à l’aveugle, on a découvert un Pascal Obispo très sensible…
C’est vrai. Mais vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Florent Pagny, c’est une vraie madeleine. Vous allez assister prochainement à un grand moment de la télévision. Je ne vous en dis pas plus. 

MYTF1. Vous prenez régulièrement des photos des talents. Avez-vous un album avec tous ces clichés à la maison ?
Je les mets dans un porte-folio. Mais pour moi, la photo n’est pas un souvenir. C’est un instant vivant. Depuis que je suis tout petit, je vois la vie en séquences. Quand j’ai vu Kendji Girac pour la première fois, j’ai ressenti un truc à part… Ce qui est merveilleux, c’est lorsque l’on suit une personne. Julien Doré, par exemple, je l’ai photographié à plusieurs reprises. Je l’ai vu grandir, changer… Au final, avec la photographie, on entre dans la vie d’une personne.

MYTF1. Comment faites-vous pour mettre les talents à l’aise ?
Ils me font confiance. Je ne leur vole rien. Ils le savent. Je ne fais pas ce que je n’aimerais pas que l’on me fasse.

MYTF1. Les personnes les plus photogéniques sont-elles celles qui embrasent le mieux la scène ?
Pas forcément. De toute façon, la photogénie, c’est subjectif. Tout le monde est photogénique. C’est juste une histoire de lumière. Une façon de porter un regard sur une personne…

MYTF1. Au final, The Voice, c’est une grande famille…
Il se passe quelque chose de particulier dans cette émission. Certains d’entre nous ont grandi avec le programme. Le producteur, par exemple, il faisait l’émission en coulisses avant. C’est merveilleux. Quant à des Matthieu Grelier [directeur des programmes chez itv production, ndlr.] et Bruno Berberes [directeur de casting, dlr.], ils sont l’âme de ce programme. 

en savoir plus : Nikos Aliagas