The Voice : Ry'm : "J’y vais comme je sais le faire"

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Ry’m reprend « Hit the Road Jack ! » de Ray Charles. (saison 6)
Par Ingrid BERNARD|Ecrit pour TF1|2017-02-26T07:30:18.023Z, mis à jour 2017-02-26T08:59:04.713Z

Carton plein pour Ry'm. Le Strasbourgeois a scotché les coachs et le public en reprenant Ray Charles lors des auditions à l'aveugle de "The Voice". Le jeune homme revient sur son parcours et sa façon atypique de tenir le piano.

Vous attendiez-vous à une telle réaction de la part des coachs ?
Non, absolument pas. J’avais plus ou moins imaginé le scénario, mais je ne m’étais pas vraiment projeté. Cinq minutes avant de monter sur scène, je me suis vidé la tête et je me suis dit : "J’y vais comme je sais le faire". Je suis rentré sur scène avec mon piano et  j’ai fait ma prestation…

Avez-vous vu les fauteuils se retourner ?
Je me souviens avoir vu M Pokora se retourner. Florent Pagny était debout en train de taper dans les mains avec un grand sourire. Je me sentais comme sur une piste de bobsleigh, j’essayais d’anticiper les virages. J’étais concentré pour ne pas me laisser submerger par l’émotion. J’y suis allé à l’instinct.

Vous avez une façon atypique de jouer du piano, vous le tenez comme une harpe. Comment vous est venue cette idée ?
Cela remonte à quelques années déjà. Je répétais avec mes deux acolytes (il appartient à un groupe NDLR.) dans une chambre d’étudiants de 9m2, avec des lits superposés. On n’avait pas de place, on avait des platines, des ordinateurs… Je tenais le piano dans cette position (comme une harpe NDLR.) On devait donner un concert le lendemain matin. Je leur disais que je ne voulais pas me départir de mon piano. Ils m’ont dit de laisser tomber. J’ai répété toute la nuit et lorsqu’ils se sont réveillés, je leur ai dit : J’ai trouvé un nouveau concept. Depuis, je n’ai jamais changé de manière de jouer du piano.

Vous avez même donné un cours de piano à Mika…
J’ai trouvé ça génial que Mika s’intéresse à mon instrument. Mais j’ai été d’autant plus touché que les coachs se retournent avant de m’avoir vu jouer de la musique. Ils étaient en train de m’imaginer au son de ma voix, mais ils n’imaginaient pas ce que je faisais. Ca a été une double surprise pour eux. Mais il ne faut pas oublier que j’étais là pour The Voice, pas pour The Piano.

Pourquoi avoir choisi M Pokora et pas Mika ?
Mika, c’est certainement l’artiste qui est le plus proche de mon univers. Mais si j’ai fait The Voice, c’est pour vivre une expérience. J’ai l’habitude de monter sur scène, de faire des spectacles, mais j’ai moins l’habitude de la télévision. Cela rajoute du stress en plus. Je pense que M Pokora peut m’aider sur ce plan-là. Personne ne s’attendait à ce que je le choisisse.

M Pokora, c’était une évidence avant de rentrer sur scène ?
Quand je suis parti de chez moi, le jour des auditions à l’aveugle, j’ai dit à ma femme :  "je vais choisir Zazie si jamais elle se retourne". Finalement, sur scène, j’ai beaucoup hésité entre Florent Pagny et M. Pokora. Florent Pagny me regardait avec un regard soutenu. Il me disait des choses gentilles. Ca m’a touché. J’ai arrêté de penser à lui au moment où M Pokora a pris la parole. Je l’ai senti comme ça. Je suis quelqu’un de très instinctif. En plus, c’est un Strasbourgeois, il est gentil, je le sentais… Ca faisait beaucoup d’arguments…

"Quand on fait de la musique, on ne peut pas toujours payer le loyer"

Vous aviez déjà rencontré M Pokora avant les auditions à l’aveugle. Racontez-nous…
A l’époque, j’étais backliner, j’enlevais le retour de scène après son concert à Strasbourg.  Ca me permettait de me faire des cachets au moment où j’en avais vraiment besoin. Je n’étais pas du tout habillé, j’avais un vieux pull, un vieux jean. Je n’étais pas coiffé et pas du tout mis en valeur. J’avais même un casque de chantier sur la tête. C’était une star, moi un ouvrier. Je suis la première personne qu’il a croisée en sortant de scène. Il est venu nous voir, avec les autres gars et il nous a dit : "Merci, bonne soirée les gars, bon courage". Il n’a pas fait ça pour le business, ni pour être dans le politiquement correct. Il m’a regardé dans les yeux et il me l’a dit spontanément. Ca m’a touché.

Vous avez fait des études de droit avant de vous lancer dans la musique. C’était une obligation parentale ?
Non. J’ai de la chance, mes parents ont toujours cru en moi. Ils ont même assumé une partie de mes études alors que ce n’était pas trop ça. Le droit, c’était compliqué. J’apprends avec l’oreille pas avec les yeux. J’ai eu 2 au premier semestre. Je suis un des seuls élèves à avoir triplé ma première année de droit sans avoir validé aucun semestre. J’ai même dû supplier le doyen pour qu’il me reprenne l’année d’après. En même temps, je sortais mon premier titre avec mon groupe Lyre le temps. Il a fait des centaines de milliers de vues sur Myspace. Mes parents n’étaient pas dupes.

Avant d’être chanteur, vous avez enchainé les petits boulots…
J’ai travaillé dans un fast food, pour des personnes à mobilité réduite dans les gares SNCF. J’ai été déménageur, j’ai travaillé dans une usine. En tout, j’ai fait une quinzaine de petits boulots. Quand on fait de la musique, on ne peut pas toujours payer le loyer. Le matériel ça coûte cher…

Aujourd’hui, vivez-vous de la musique ?
Il y a des hauts et des bas, ce n’est pas toujours facile. Il m’arrive de faire des petits jobs. Quoiqu’il arrive, je ne changerais de métier pour rien au monde, même si je gagnais 15 ou 20 fois plus en étant avocat.



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