Tu vivras ma fille - Interview d'Hugo Becker : "Simon se sent investi d’une mission"

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Tu vivras ma fille - Hugo Becker
Par Pauline Conseil|Ecrit pour TF1|2018-09-16T08:50:43.084Z, mis à jour 2018-09-16T08:50:43.084Z

Simon, chercheur en neurobiologie, va être bousculé dans ses habitudes de travail : sa rencontre avec Nathalie le plonge au cœur du concret, ce qui ne semble pas lui déplaire… Hugo Becker incarne ce personnage aux contours complexes. Fasciné par l’obsession de Nathalie au point d’en faire un combat personnel, il mène une bataille qui fait écho avec son propre passé.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?                  

Le fait que le scénario soit l’adaptation d’une histoire vraie. Ce film donne de l’espoir : il traite d’un combat autour d’un sujet difficile et fort. C’est très plaisant de participer, lors d’un tournage, à une aventure humaine où le message véhiculé met en avant la nécessité de se battre et de ne pas baisser les bras. Ce récit vient valider des idéaux et rêves qui peuvent sembler utopiques. Je trouvais intéressant de traduire à l’écran le parcours de cette femme et sa volonté de ne pas se laisser faire.

Qui est Simon, votre personnage ?
Simon est un chercheur passionné qui va aider Nathalie dans son combat en lui apportant son savoir scientifique. Il est, tout d’abord, assez réaliste face à la maladie de Bianca, puis il se laisse emporter par les idées et l’obsession de Nathalie. Lui-même mène un beau combat personnel : il a eu la vocation d’être chercheur car son père est décédé quand il était enfant et il avait éprouvé un sentiment d’impuissance de ne pas pouvoir le sauver…  Simon s’en rend compte au fur et à mesure, et réalise qu’il l’avait un peu enfoui. L’histoire de cette femme fait tellement écho à sa vie personnelle qu’il se sent investi d’une mission. J’ai trouvé ce personnage très intéressant à jouer.

Comment évolue sa relation avec Nathalie ?

Les liens se tissent et s’intensifient entre les deux personnages.  A force de passer du temps ensemble, à travailler et à partager des moments de vie, leurs sentiments deviennent forts. Ils font presque partie de la famille de l’autre… Simon éprouve un vrai attachement et beaucoup d’affection envers Nathalie. La romance entre les deux personnages, présente dans le scénario, ne fait pas partie de l’histoire vraie. Ainsi, nous n’avons pas développé le côté séducteur de Simon : cela aurait été déplacé dans ces moments, même s’il y avait eu une attirance forte, ce n’était pas le moment…

Comment Raphaël, le mari de Nathalie, accueille cette relation ?
Raphael est jaloux : Simon s’immisce dans sa famille et il passe plus de temps avec sa femme que lui. Il suit en parallèle l’avancée des recherches, ce qui est extrêmement difficile, et se sent un peu exclu. Il a l’impression qu’on lui dérobe un bout de sa vie… Sa réaction est tout à fait humaine, c’est une position difficile où il se sent très seul.

Comment vous êtes-vous préparé à ce rôle scientifique ?
Dans un premier temps, j’ai rencontré Karen Aiach. J’ai effectué le même chemin qu’elle pour comprendre cette maladie. Elle m’en a expliqué l’origine, le développement et l’évolution, de manière assez simple. Elle m’a familiarisé avec des termes scientifiques et par la suite, ma rencontre avec des chercheurs a été plus simple. Je leur ai posé beaucoup de questions. C’est un domaine que je ne connaissais pas du tout, mais qui est très intéressant et complexe.

Vous accordez beaucoup d’importance à être en immersion avant d’aborder un tournage…
Pour moi, c’est très important ! Prendre au sérieux ce que l’ont fait est une forme de respect pour les téléspectateurs. C’est une partie de mon travail d’acteur que j’aime beaucoup. Je suis ravi de travailler sur un tel projet parce que j’apprends beaucoup...  Si j’accorde tant d’importance à être en immersion, ce n’est pas pour copier mais pour m’inspirer. Ainsi, sur le tournage, je me sens plus serein, je connais mon sujet et je crois en ce que j’interprète. Cela m’aide à aborder certaines improvisations, et me donne des idées dans ma façon de parler, de bouger, de modifier une réplique… Par exemple, j’ai rencontré un chercheur qui hésitait souvent parce que les idées se bousculaient dans son esprit. Je m’en suis inspiré pour mon personnage : de temps en temps, quand Simon est profondément animé par un sujet, il tergiverse… Je n’aurai pas eu cette idée là si je n’avais pas rencontré des chercheurs.

Quelles sont les particularités de Gabriel Aghion en tant que réalisateur ?
Il fait preuve d’une très belle sensibilité de metteur en scène. J’étais très content de le rencontrer et sa présence dans ce projet m’a convaincu. Cette histoire vraie devait être traitée avec sensibilité, finesse et intensité, tout en étant subtile. Pour un projet comme celui-ci, il est important de sentir que le metteur en scène se sente aussi responsable de l’histoire. Gabriel Aghion est très à l’écoute, il laisse faire ses acteurs, observe leurs propositions, puis s’adapte. Il n’hésite pas à faire recommencer ou changer. Cette manière de travailler est agréable et permet de ne pas brider une scène tout en créant de jolis moments entre les acteurs…

Tu vivras ma filleune fiction poignante et juste à découvrir lelundi 17 septembre à 21h00


Interview : Amandine Sand 

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