Manif' : fini la guerre des chiffres entre police et syndicats ?

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Par Emma Vanpoulle|Ecrit pour TMC|2018-10-13T19:00:07.658Z, mis à jour 2018-10-13T19:00:07.658Z

Une équipe de Quotidien est allée à la manifestation des fonctionnaires. Nous y avons rencontré un cabinet d’études qui pourrait mettre fin à la guerre des chiffres entre la police et les syndicats.

À chaque manifestation, c’est la même chose. L’écart entre les chiffres communiqués par les syndicats et ceux de la police est souvent très élevé. La preuve : notre équipe est allée, mardi dernier à Paris, à la manifestation des fonctionnaires contre la baisse de leur pouvoir d’achat. Les forces de l’ordre ont parlé de 26 000 manifestants, alors que les syndicats en ont évoqué 45 000. Et il y a déjà eu des différences plus marquantes : le 14 juin 2016, la police avait compté 125 000 personnes mobilisées pendant le rassemblement contre la loi travail. Quant aux syndicats, ils avaient estimé à 1,3 million le nombre de manifestants. 

Alors comment savoir qui a raison ? Azzeddine Ahmed-Chaouch a posé la question à quelques manifestants mardi dernier. Une femme nous a assuré que "la préfecture de police ne sait pas compter correctement parcequ'ils ont des ordres pour minorer le nombre de manifestants qu'il y a dans la rue". Même si côté syndicats, on augmente "un tout petit peu (les chiffres), c'est de bonne guerre". Le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste Philippe Poutou, nous a lui-même dit que "les deux chiffres sont faux, on le sait, il faut taper au milieu".

Des capteurs pour se rapprocher de la réalité

Taper au milieu, ou se rapprocher au mieux de la réalité ? C’est ce qu’un cabinet d’études a testé mardi, pendant la manifestation des fonctionnaires. Cette nouvelle méthode consiste à installer des capteurs dans la rue, et ces derniers contrôlent les personnes qui passent devant. 

Deux flèches vertes : le passage est comptabilisé.

Deux flèches rouges : quelqu’un a fait marche arrière, le passage n’est pas pris en compte.


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Ce cabinet d’études est bien plus précis qu’un compteur manuel. Mardi, la police parlait de 26 000 manifestants, les syndicats en évoquaient 45 000, et le cabinet... 22 705. Moins que la police, et beaucoup moins que les chiffres de la CGT. Et cette nouvelle méthode a convaincu les responsables de rédaction de l’AFP puisqu’ils l’ont validée. On pourra donc sûrement dire bientôt au revoir au fameux "selon la police et selon les manifestants".