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Zoom 2022 : l’instrumentalisation des immigrés au gré des campagnes électorales

Zoom 2022 : l’instrumentalisation des immigrés au gré des campagnes électorales

On l’a souvent entendu au cours des débats des candidats Les Républicains : pour la droite, il y a ceux qui devraient repartir « chez eux », et il y a ceux – souvent les mêmes – qui ne nous font plus nous sentir « chez nous ». Cette opposition entre les uns et les autres, on avait davantage l’habitude de l’entendre dans la bouche des politiques d’extrême droite. Elle est aujourd’hui dans celle de tous les candidats de la droite. Opposer les Français « prioritaires » et les autres à « mettre dehors », ce n’est pas nouveau. Surtout, ça ne concerne pas tous les « étrangers », seulement quelques-uns. Par exemple, lorsque la région Île-de-France accueillait la Ryders Cup, le tournoi de golf européen et américain, Valérie Pécresse ne voyait aucun inconvénient à accueillir des étrangers « chez elle ». Aujourd’hui, à droite, on assiste donc à un discours très manichéen : il y aurait donc un « chez eux », un « chez nous » et des pays « à problèmes » et d’autres tout à fait respectables. L’occasion peut-être de rappeler l’histoire de France : en 1964, l’office national de l’immigration français va chercher des immigrés « chez eux » pour venir travailler « chez nous ». Dix ans plus tard, alors que le chômage explose, Valérie Giscard d’Estaing les invite à rentrer « chez eux » moyennant dédommagement. Arrivé au pouvoir, François Mitterrand décide quant à lui de régulariser les étrangers qui sont pour lui « chez eux » en France. Sept ans plus tard, pour tenter de battre Jacques Chirac, Mitterrand leur fait cette fois comprendre que la France n’est finalement pas « chez eux ». Bref, à chaque campagne son instrumentalisation des immigrés.
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Quotidien
4m44
22 nov. 2021 à 20:00
Quotidien

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