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Zoom : Renaud Camus, de soixante-huitard au "grand remplacement"

Zoom : Renaud Camus, de soixante-huitard au "grand remplacement"

Renaud Camus, condamné pour provocation à la haine raciale et théoricien du « grand remplacement » était l’invité d’un Ivan Rioufol conquis sur CNEWS ce week-end. Pendant vingt minutes, l’écrivain a pu dérouler sans contestation ses thèmes préférés de l’immigration, de l’islamisation de la société et donc du « grand remplacement ». Pourtant, Renaud Camus n’a pas toujours été la figure controversée qu’il est aujourd’hui. Au début des années 1970, alors jeune adulte, Renaud Camus est un soixante-huitard convaincu et publie « Tricks », un recueil sur ses rencontres homosexuelles au Palace ou dans les backrooms du Manhattan. À l’époque, Renaud Camus est copain avec Aragon, il vote François Mitterrand et est invité sur tous les plateaux à la mode, où il finira par se griller aux débuts des années 2000, lorsqu’il opère sa bascule vers l’extrême droite. En 2016, l’Obs publie une enquête intitulée « Renaud Camus, des backrooms gays au grand remplacement » dans laquelle le journaliste donne la parole à des proches de l’écrivain qui voient dans le changement de ton de leur ami un « ressentiment » ou une « trop grande solitude ». L’enquête explore aussi la piste d’un échec amoureux avec un certain Tahir, évoqué par Renaud Camus dans ses « Chroniques achriennes ». Peu importe les raisons de son basculement, les théories de Renaud Camus ont peu à peu infusé dans les milieux d’extrême droite, jusqu’à lui offrir une tribune sans la moindre contradiction à la télévision.
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Quotidien
4m45
1 nov. 2021 à 19:58
Quotidien

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